Clubs de jeux à Paris : un statut enfin entériné

C’est la fin de l’incertitude pour les clubs de jeux parisiens. Après huit longues années d’expérimentation, les sept établissements de la capitale gagnent enfin une stabilité juridique et économique grâce à la promulgation de la loi de finances au « Journal Officiel » vendredi 20 février. Pour les opérateurs, la visibilité retrouvée permettra notamment de signer des contrats à long terme avec des prestataires.

Les clubs de jeux de Paris sortent du brouillard réglementaire. Grâce à la promulgation de la loi de finances 2026 au « Journal Officiel », le vendredi 20 février, les sept établissements de la capitale française disposent désormais d’une visibilité juridique leur permettant d’envisager l’avenir plus sereinement. La commission consultative de ces cercles de jeux s’est réunie le même jour pour signer les autorisations nécessaires à la réouverture dès le lendemain.

Un soulagement général 

« On leur donne un statut définitif, ce qui est beaucoup plus confortable à la fois pour les emplois et pour les entreprises elles-mêmes (…). On est très satisfait que cette disposition ait pu être adoptée », s’est félicité Philippe Bon, délégué général de Casinos de France. Pour Fabrice Paire, le président du directoire du Groupe Partouche, « c’est une bonne fin, qui est tout à fait naturelle parce que les clubs ont trouvé leur place. ». Le dirigeant rappelle cependant que « ça fait quand même un petit moment que ce sujet de pérennisation traîne et a subi les aléas des problématiques politiques et institutionnelles ».

Les casinos interdits à Paris depuis un siècle

Pour rappel, les casinos sont interdits à Paris depuis plus d’un siècle dans un rayon de 100 kilomètres, à l’exception du casino d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise). Les clubs de jeux les ont remplacés il y a huit ans pour offrir un service minimum, ne proposant que des jeux de table, sans roulette ni machines à sous. Mais ce modèle hybride restait juridiquement fragile. Expérimentés depuis 2018 dans la capitale, les cercles de jeux exerçaient depuis sous la menace d’une fermeture. Leur expérimentation devait initialement prendre fin en 2020, mais elle avait été prolongée une première fois à fin 2022 puis à décembre 2024. La censure du gouvernement de Michel Barnier, qui a empêché l’adoption à temps du budget 2025, avait malheureusement laissé les établissements sans base légale.

La réouverture des clubs de jeux, un vrai enjeu social

En février 2025, la fermeture des clubs a provoqué la mise au chômage partiel de 1 500 salariés. La menace sur l’emploi a eu l’effet positif de remuer le Parlement. Plusieurs sénateurs socialistes ont alors introduit un amendement pour sécuriser l’activité. Bien reçu par la chambre haute, leur texte met en avant une importance significative des cercles de jeux à Paris, avec 120 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, dont 40 millions d’euros de recettes pour l’Etat et 10 millions pour la Ville, ainsi que la création et le maintien de plusieurs centaines d’emplois directs et indirects. « On est satisfait, on avait (…) un vrai enjeu social et c’est pour ça qu’on était porteur de cet amendement », a commenté Colombe Brossel, sénatrice PS de Paris, après l’annonce de la réouverture des clubs de jeux.

Les clubs de jeux souhaitent installer des roulettes et des machines à sous

Pour les opérateurs, la visibilité retrouvée ouvre des horizons radieux. Ils peuvent maintenant signer des contrats avec des prestataires sur des durées de deux ans ou trois ans. Pour sa part, le groupe Partouche prévoit d’agrandir son établissement dans le VIIIe arrondissement de Paris, en l’installant dans un immeuble qu’il a acquis à proximité de la place de l’Étoile et où il compte notamment déployer des tournois de poker. Pour rappel, les clubs de jeux proposent des jeux dits de table (poker, blackjack, bingo…), mais n’ont pas le droit d’installer des roulettes et machines à sous, alors que ces jeux sont très populaires et surtout extrêmement lucratifs pour les casinotiers. En particulier les machines à sous, qui peuvent représenter jusqu’à 90% des recettes. Les clubs souhaitent donc leur intégration pour plus de rentabilité.

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