La Philharmonie de Paris accueille, jusqu’au 1er novembre 2026, l’exposition « Video Games & Music », qui explore le monde des musiques de jeux vidéo. De Super Mario Bros au tout récent Clair Obscur : Expédition 33, cet évènement revisite plus de cinquante ans de musique gaming à travers un parcours immersif et chronologique. Il s’adresse autant aux gameurs de longue date qu’aux néophytes curieux.
Jusqu’au 1er novembre 2026, la Philharmonie de Paris présente l’exposition « Video Games & Music », installée au Musée de la Musique. À travers un parcours immersif et interactif, cette initiative culturelle explore l’évolution de la musique de jeux vidéo depuis plus de 50 ans. L’évènement revisitera les classiques du secteur, des simples bruits synthétiques de Pong aux compositions narratives et orchestrales plus complexes de Clair Obscur : Expedition 33.
Video Games & Music met en lumière « l’influence profonde de la musique de jeux vidéo sur l’imaginaire sonore de notre époque »
De l’avis d’Olivier Mantei, directeur général de la Cité de la Musique et de la Philharmonie de Paris, « présenter l’exposition Video Games & Music à la Philharmonie de Paris, c’est affirmer que la musique de jeu vidéo appartient » au « patrimoine culturel contemporain ». Aussi, ajoute-t-il, « c’est reconnaître le rôle majeur de ses compositeurs et compositrices dans l’histoire musicale récente » ainsi que leur « influence profonde sur l’imaginaire sonore de notre époque ». Pour sa part, Marie-Pauline Martin, directrice du Musée de la musique, justifie cette exposition par « la place croissante » prise par la « musique de jeux vidéo dans les conservatoires, dans les écoles de musique, dans les classes de composition ».
Video Games & Music raconte la relation du son avec le jeu vidéo
Fanny Rebillard, commissaire de l’exposition, rappelle que les grandes licences, tout comme les jeux indépendants, n’ont pas marqué l’histoire que par leurs scenarios et intrigues, mais également par leurs bandes-son. Ces musiques mémorables possèdent une force d’évocation et de rassemblement toute aussi puissante que la trame et les aventures. La musicologue relève en outre qu’on n’écoute jamais ces mélodies de manière totalement passive. On les rattache toujours à des univers, des jeux ou des actions spécifiques (sauts, courses, tirs des personnages). C’est le cas des bips (comme l’Atari 2600 ou la Game Boy), devenus l’identité même du retrogaming, et des chiptune de Super Mario.
Les bandes-son des premiers jeux réalisées par des spécialistes du cinéma
Cette relation émotionnelle et unique qui relie le son au jeu vidéo ne s’est pas construite facilement. Elle a émergé avec de fortes contraintes. Il fallait faire avec les limites techniques imposées par les processeurs. Ainsi, les premiers compositeurs étaient aussi des programmeurs de génie. Les bandes-son des premiers jeux (PS1) ont été réalisées par des spécialistes d’Universal Sound Studios travaillant habituellement Hollywood. Cette ingéniosité a permis de créer des sonorités emblématiques comme la « Chiptune, un style musical où l’économie de moyens a paradoxalement engendré une efficacité mélodique redoutable », souligne Fanny Rebillard.
Une catégorie de la musique de jeux vidéo créée aux Grammy Awards
À partir des années 1990, il y a eu également un rapprochement du jeu vidéo avec la scène électronique, rap et rock. Ce qui a fait passer le secteur du gaming des simples bips de Pong ou Space Invaders aux partitions orchestrales de Final Fantasy ou Clair Obscur : Expédition 33. Désormais, la musique structure un jeu vidéo, l’anticipe et le sublime en une véritable symphonie. Aujourd’hui, les développeurs sont devenus de grands compositeurs, au point d’avoir droit à une catégorie aux Grammy Awards depuis 2023 : « Best Score Soundtrack for Video Games and Other Interactive Media ».