Dans un entretien accordé à Brut, jeudi 5 février, Emmanuel Macron a insinué qu’il pourrait interdire les jeux vidéo pour les mineurs, en raison de la violence qu’on y pratiquerait et qui s’exprimerait ensuite dans la vraie vie. Ses intentions à peine voilées ont provoqué l’ire des gamers, qui y voient une attaque en règle de leur univers. Face au tollé provoqué par ses insinuations, le président de la République a dû s’expliquer samedi. Mais il ne convainc personne.
Lors d’une interview exclusive accordée à Brut, le jeudi 5 février, Emmanuel Macron a abordé plusieurs sujets d’actualité, dont l’impact des jeux vidéo chez les mineurs, après qu’un adolescent, qui jouait jusqu’à deux heures par jour, a agressé sa professeure à Sanary-sur-Mer, le mardi 3 février. Selon le Président de la République, « il est clair que la violence, qui s’installe dans la société et chez les plus jeunes, est aussi liée au fait que les enfants sont beaucoup plus exposés à de la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux ». Face aux dégâts supposés de ce loisir, il a annoncé une prochaine évaluation par des experts pour connaître ses effets réels et potentiellement prendre une décision au niveau national…
« J’ai (encore) fait bondir les gamers »
Cette déclaration à provoqué l’ire des gamers, qui accusent Emmanuel Macron de mettre sur le dos de l’industrie des jeux vidéo tous les maux de la société. Ils soupçonnent aussi et surtout le Président français de vouloir interdire les jeux vidéo aux mineurs, après qu’il a exprimé son intention de bannir ces derniers des réseaux sociaux pour préserver leur santé mentale et les protéger des prédateurs sexuels notamment.
Face au tollé provoqué par ses propos, le chef de l’État français a dû s’expliquer samedi 7 février. « J’ai (encore) fait bondir les gamers », a-t-il d’abord reconnu, avec une pointe d’autodérision. Le chef de l’État affirme par la suite qu’il fait partie des Français qui aiment et soutient le plus l’industrie du gaming. Il en veut pour preuve ses actions en faveur de l’écosystème français du gaming, comme l’accueil de l’esport à l’Élysée, la structuration de la filière et la décoration des champions de Sandfall.
Emmanuel Macron veut faire la part des choses
« Soutenir une industrie et une culture n’interdit pas de poser une question simple, sans caricature : quels sont les effets de certains contenus et de certains usages sur les plus jeunes ?», a nuancé Emmanuel Macron, qui estime qu’il s’agit d’« un sujet majeur de santé publique ». Le locataire de l’Elysée a souligné que son intention n’est pas d’interdire les jeux vidéo, mais de lancer « un travail scientifique, collégial, pour regarder la réalité en face ». Il a réitéré sa volonté de réunir des chercheurs, scientifiques et médecins spécialisés pour « évaluer les impacts, démêler les idées reçues et éclairer le débat public ». Et c’est seulement après leur travail qu’il prendra une décision au niveau national, sans préciser laquelle.
Il y a des FPS violents mais tout dépend des profils psychologues des joueurs
Si Emmanuel Macron essaie de baisser la tension, les gamers n’en ont rien à foutre. Ils disent en avoir assez d’être systématiquement désignés responsables à chaque débat sur la violence des jeunes. Certains reconnaissent qu’il y a des problèmes dans les jeux vidéo, mais pas ce à quoi on pense. Ils pointent plutôt certains mécanismes comme la microtransaction intensive et le gambling qui rendent les enfants accros dès leur plus jeune âge.
C’est là qu’il faut taper, conseillent-ils, et non sur une supposée violence qui peut trouver ses origines ailleurs dans la société. D’autres joueurs admettent aussi que les FPS conduisent aux exécutions publiques par arme à feu ou sabre, comme c’est le cas aux États-Unis et en Corée du Sud, mais qu’il s’agit avant tout de personnes malades ou présentant plusieurs profils pathologiques. Autrement dit, il s’agit d’une minorité de gens déjà problématiques avant de s’adonner aux jeux vidéo.
« Game over » pour Emmanuel Macron en 2027 et tant mieux…
Comme le pense aussi Emmanuel Macron, plusieurs gamers estiment que le problème vient des parents. À l’instar des contenus sur Internet, il y a également des jeux pour mineurs, adultes et personnes averties. C’est aux parents de veiller à ce que leurs enfants ne jouent qu’aux jeux vidéo de leur âge. Malheureusement, la plupart ne contrôlent pas leurs gosses enfermés plusieurs heures dans la chambre avec leurs manettes. Papa et maman sont plutôt contents de se débarrasser d’eux, pas quelque temps…
Pourtant, beaucoup de personnes ne voient pas l’irresponsabilité de certains parents et préfèrent déverser leur bile sur les jeux vidéo. Emmanuel Macron a donné une nouvelle occasion à ces haters pour décapiter l’industrie du gaming. Heureusement c’est bientôt « Game over » pour lui, ironise les joueurs en référence à la fin de ses deux mandats réglementaires en 2027. Les gamers disent n’avoir jamais compris pourquoi le plus jeune Président de France déteste autant les activités de jeunes…
