Jusqu’au 9 mars 2026, le musée Guimet invite à un voyage dans l’art japonais avec l’exposition « Manga, tout un art ». Cette manifestation culturelle retrace l’histoire d’un medium très populaire en France, surtout auprès des jeunes et jeunes adultes. Elle comprend des planches originales de mangas, véritables trésors nationaux empruntés aux autorités nippones.

Le manga fait son entrée au musée national des Arts asiatiques (musée Gumet) ! Jusqu’au 9 mars 2026, l’établissement propose l’exposition « Manga, tout un art » pour découvrir l’histoire de la bande dessinée japonaise, aujourd’hui connue mondialement à travers ses figures iconiques, ses maîtres et ses œuvres de référence. Articulé autour de trois étapes distinctes, l’événement a mobilisé les compétences d’Estelle Bauer, conservatrice des collections Japon, et de Didier Pasamonik, éditeur et journaliste spécialisé dans la BD, pour persuader les autorités japonaises de prêter des planches originales de mangas, véritables trésors nationaux.

Deux étrangers à l’origine de l’essor du manga

Le manga est un art japonais apparu au XIXe siècle. Dans ses débuts, le terme désignait la caricature, avant de devenir un synonyme de la bande dessinée dans son ensemble. Ce style graphique s’est véritablement développé au Japon vers la fin du siècle grâce à l’ouverture du pays au monde occidental et surtout au travail de deux étrangers : l’Anglais Charles Wirgman (1832-1891) et le Français Georges Bigot (1860-1927), qui ont lancé les premiers périodiques de l’archipel nippon, The Japan Punch et Tôbaé. Ces magazines mettaient notamment en scène des apprentis ninjas, des sabreurs d’élite, de collégiennes magiciennes ou encore de créatures fantastiques. La période d’après-guerre verra la naissance d’œuvres majeures comme Astro Boy d’Osamu Tezuka en 1952.

Une exposition en trois étapes

L’exposition du musée Guimet met en lumière la richesse de l’histoire et du patrimoine de cet art japonais avec un parcours en trois étapes. Au rez-de-chaussée, c’est l’espace « Avant les mangas », qui invite à plonger dans la tradition graphique japonaise plus ancienne. Des rouleaux illustrés peints et livres illustrés des XVIII et XIXe siècles, vus parfois comme les « ancêtres » de la bande dessinée moderne, y occupent une large place. On y rencontre notamment le fascinant kamishibai. Cette forme de théâtre de rue pour enfants a marqué l’imaginaire collectif nippon. Datée du XIIe siècle, elle consiste à faire défiler des planches illustrées au recto, dans un castelet en bois appelé le butaï, et à lire un texte au verso.

Un coup de projecteur sur les créations mode issues de cet art japonais

Au deuxième étage se trouve une salle entière qui rend hommage à l’iconique « Sous la grande vague au large de Kanagawa », et à ses multiples reprises dans les mangas et la BD franco-belge. La Grande Vague est une estampe issue de la série des « Trente-six vues du Mont Fuji » du maître de l’ukiyo-e Katsushika Hokusai (1760-1849). La dernière étape porte sur l’influence de l’esthétique des mangas sur la mode. Y est exposé un ensemble de modèles spectaculaires signés Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton, Gucci, Junko Koshino ou encore John Galliano pour Christian Dior. Les visiteurs pourront en outre profiter d’une bibliothèque proposant la lecture de Kodomo, shōnen, shōjo, seinen, osei et seijin.

La France, deuxième marché mondial du manga après le Japon

Selon Yannick Lintz, présidente du musée Guimet, cette exposition vise « à réinscrire le manga dans une histoire complexe, non seulement sociale et économique, mais aussi culturelle et artistique ». Une initiative indispensable alors que cette forme d’art jouit d’un intérêt croissant en Occident. Des millions d’exemplaires de manga s’écoulent chaque année dans le monde, ainsi que leurs multiples déclinaisons et produits dérivés : animes, jeux vidéo, goodies, etc. En 2023, près de 40 millions d’exemplaires ont été vendus en France, soit plus d’un titre de BD sur deux, d’après des chiffres de l’institut GfK. Ce succès fait de notre pays le deuxième marché mondial du manga après le Japon.

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