Après des années de tensions, les relations bilatérales entre le Maroc et la Mauritanie semblent sur la voie de la normalisation. Cette situation se traduit notamment par le règlement du dossier Mohamed Ould Bouamatou et les visites réciproques des dirigeants de deux Etats. Une détente qui est logiquement propice au climat des affaires et au développement de l’économie mauritanienne.

Depuis l’élection de Mohamed Ould Ghazouani en août 2019, les relations entre la Mauritanie et le Maroc se sont bien réchauffées. Même s’il n’a pas encore nommé d’ambassadeur auprès du royaume, le nouveau président mauritanien a déjà lancé la construction d’une chancellerie flambant neuve. Ce qui laisse penser que l’axe Rabat-Nouakchott va se renforcer très bientôt.

Mohamed Ould Bouamatou au cœur de la détente

Le réchauffement des relations Maroc-Mauritanie se manifeste sur le cas Mohamed Ould Bouamatou. Cet homme d’affaires mauritanien, bête noire de l’ancien chef d’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, a longtemps vécu son exil à Marrakech avant de rallier Bruxelles en 2018. Rabat a toujours décliné les demandes d’extradition de la Mauritanie (MC nº1184). Mais le dossier se règle de lui-même depuis l’accession au pouvoir de Ghazouani.

Le nouveau chef de l’Etat a lancé la Mauritanie sur les rails de la démocratie, en permettant notamment à l’opposition de s’exprimer librement. En décembre, le gouvernement a remis une distinction à Bouamatou pour l’ensemble de ses investissements et fait annuler les plaintes farfelues déposées contre lui par des ONG autrefois manipulées par le régime Abdel Aziz. Le pouvoir a en outre levé les restrictions frappant sa banque (la Générale de Banque Mauritanienne-GBM).

Les grands groupes marocains fondent sur Nouakchott

Cette série de décisions est favorable à l’abandon des poursuites contre Bouamatou et à son retour d’exil. Ce retour permettra à l’entrepreneur et philanthrope d’investir davantage dans son pays afin de contribuer à son développement.

Plus largement, cette embellie des relations entre Rabat et Nouakchott est propice aux affaires, surtout en direction du second. Depuis quelques mois, en effet, les grands groupes marocains fondent sur la capitale mauritanienne pour lancer de nombreux projets. C’est le cas du puissant groupe familial Holmarcom, du géant du sucre Cosumar et de la holding Al Mada, propriété de Mohammed VI.

Le premier groupe envisage le rachat d’une marque d’eau minérale locale, Al Kawthar. Le second ambitionne d’implanter une unité de raffinage en Mauritanie, où il est déjà exportateur. Et le troisième négocie, à travers sa filiale de grande distribution Marjane, un accord de franchise avec le Groupe LOE.

Le Maroc, un important partenaire commercial pour la Mauritanie

Ces offensives des grands groupes marocains étoffent la présence du royaume chérifien en Mauritanie. Ils vont contribuer à renforcer les échanges déjà importants entre les deux Etats. Lors du second quadrimestre de l’année 2019, les exportations du Maroc vers la Mauritanie ont représenté 23,9%, derrière l’Algérie (28%). Au troisième trimestre de l’année 2019, le Maroc a été également le deuxième pays d’Afrique avec lequel la Mauritanie a le plus échangé (17,6%), derrière la Côte d’Ivoire (28,20%).

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