Gary Gensler, président de la Commission américaine des valeurs mobilières (SEC).

 

Gary Gensler, le président de la Commission américaine des valeurs mobilières (SEC), souhaite réglementer le secteur des cryptomonnaies et des stablecoins. Il estime que les détenteurs de ces devises virtuelles doivent s’enregistrer auprès de son agence afin de protéger les investisseurs contre les abus. Cela d’autant qu’elles vont certainement disparaître du jour au lendemain.

Si les cryptomonnaies intéressent de plus en plus de particuliers, elles ne sont pas bien vues par les institutions financières et les Etats. Elles sont même méprisées par certains régulateurs. Parmi eux, Gary Gensler président de la Commission américaine des valeurs mobilières (« Securities and Exchange Commission », SEC). Interrogé mardi 20 septembre par le Washington Post, l’ancien banquier a donné une vision plutôt pessimiste des monnaies virtuelles privées (non émises par un organisme financier officiel). En effet, il estime que la plupart de celles déjà dans le circuit vont sans doute disparaître du jour au lendemain. Un peu comme les banques américaines qui émettaient leurs propres billets dans les années 1830.

Un rapport sur la régulation des stablecoins en préparation

Même les stablecoins n’échappent pas aux critiques de Gary Gensler. Pourtant, elles sont moins volatiles car associée à une monnaie traditionnelle (Euro, Dollar, etc.). Selon lui, ces devises fonctionnent comme des jetons de poker au casino, qu’on peut utiliser uniquement dans un établissement ou un réseau particulier. Aussi, voit-il comme un problème majeur le fait qu’elles ne soient pas soumises aux mêmes législations et aux mêmes mesures de protection que les monnaies conventionnelles.

Cette sortie de Gary Gensler intervient au moment où le SEC prépare un rapport pour proposer une régulation des stablecoins. L’ex banquier demande au gouvernement de donner suffisamment de pouvoir à l’agence pour réglementer le secteur des cryptomonnaies sans avoir à attendre l’approbation du Congrès. « Je pense que nous avons des autorités fortes, mais il y a des lacunes comme celles que j’ai identifiées », a-t-il déclaré. C’est pourquoi, il appelle « à introduire des changements dans la politique relative aux cryptomonnaies ».

Une répression brutale du SEC ?

Gary Gensler souhaite également que les détenteurs des monnaies numériques s’enregistrent auprès du SEC afin de protéger les investisseurs contre les éventuels abus. Il a notamment cité Coinbase, la plus grande bourse de cryptomonnaie des Etats Unis. Cette société a révélé la semaine dernière que le régulateur l’avait menacé de la poursuivre si elle mettait en place un programme permettant aux investisseurs de gagner des intérêts sur leurs avoirs. Gensler a constaté que Coinbase n’était pas encore enregistrée auprès du régulateur de Wall Street, alors qu’elle possède des dizaines de jetons pouvant être des titres.

Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a dénoncé une répression brutale du SEC, tandis que des sénateurs républicains ont regretté un flou autour des normes en vigueur. Mais, Gensler a rétorqué que ces lois sont très explicites. « Vous constaterez que je ne suis pas négatif ou minimaliste à propos de la crypto. Je pense simplement qu’il serait préférable que ce soit dans le cadre du régime de protection des investisseurs établi par le Congrès », a-t-il précisé.

 

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