Le projet d’implantation d’un casino dans l’ancienne Banque de France, à Saint-Lô (Manche), se heurte au refus de la préfecture. Le 16 octobre 2026, les services de l’État ont notifié à la municipalité un avis défavorable, estimant que la commune ne remplissait pas les critères requis pour accueillir un établissement de jeux.

C’est un sérieux revers pour la municipalité de Saint-Lô. Le 16 octobre 2026, le préfet de la Manche, Marc Chappuis, a émis un avis défavorable concernant l’implantation d’un casino au sein de l’ancienne Banque de France, douchant les espoirs d’une ouverture prochaine. Avec ce projet, la commune espérait renforcer l’attractivité de son centre-ville, qui jouit d’un important patrimoine équestre.

Saint-Lô s’est vu opposer un refus faute d’abriter une société de courses hippiques

Pour motiver sa décision, Marc Chappuis s’appuie sur les conditions prévues par le Code de la sécurité intérieure. Pour les communes qui ne bénéficient pas des dérogations traditionnelles, la réglementation exige notamment la présence d’une société de courses hippiques sur leur territoire à la date de référence fixée par la loi. Or, celle de Saint-Lô a été dissoute le 31 juillet 1989. Les services de l’État considèrent donc que la ville ne satisfait pas aux conditions requises et qu’aucune dérogation ne peut être accordée dans le cadre juridique actuel.

Une récente évolution législative ouvrait pourtant de nouvelles possibilités d’implantation dans certaines communes possédant un patrimoine équestre historique

Cette décision ne va pas dans le sens de la récente évolution législative ouvrant de nouvelles possibilités d’implantation dans certaines communes possédant un patrimoine équestre historique. En mai 2023, le Sénat avait adopté une proposition de loi en première lecture, avant que l’Assemblée nationale ne valide à son tour le texte. Cette législation vise notamment des villes abritant un haras national ou disposant d’une tradition équestre reconnue. Saint-Lô, avec son Haras national et son pôle hippique, pouvait ainsi envisager cette possibilité. Toutefois, l’assouplissement législatif ne dispense pas les communes de respecter les critères d’éligibilité applicables.

Le casino représentait une source supplémentaire d’attractivité et de développement économique

À Saint-Lô, le projet municipal prévoyait d’installer le casino dans l’ancienne Banque de France, un bâtiment historique situé au cœur de la ville. L’établissement devait contribuer à redynamiser le centre-ville, attirer de nouveaux visiteurs et générer des recettes fiscales. Il aurait également pu compléter l’offre touristique liée aux activités équestres et aux compétitions organisées dans la commune. Les autorités locales y voyaient donc une source supplémentaire d’attractivité et de développement économique. Emmanuelle Lejeune, la maire de la petite commune, avait toutefois rappelé la nécessité d’étudier son implantation, son format, ses partenaires financiers et ses conséquences sociales, notamment en matière d’addiction aux jeux.

Saint-Lô devra étudier les recours juridiques qui lui restent

Les opposants aux casinos mettent justement en avant les risques liés au jeu excessif, à l’endettement et aux conséquences sociales de l’addiction. Les débats portent également sur l’opportunité économique d’un tel équipement ainsi que sur son intégration dans le patrimoine local. Désormais, l’avenir du dossier dépend des marges de recours juridiques et de la possibilité de clarifier les critères d’application de la loi. La Ville pourrait solliciter des précisions auprès de l’État ou examiner les voies de contestation ouvertes contre la décision préfectorale. En parallèle, elle devra réfléchir à une autre reconversion pour l’ancienne Banque de France si l’obstacle réglementaire demeure.

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