Aliou Boubacar Diallo : le poids de la conscience et des valeurs

L’idylle n’aura pas duré longtemps ! Près de deux mois après avoir rejoint la plateforme d’Ibrahim Boubacar Keita, Aliou Diallo quitte la majorité présidentielle, ne pouvant cautionner les derniers évènements. Le pouvoir de Bamako a réprimé dans le sang les manifestations du 10 et 11 juillet 2020 dans la capitale malienne. Un acte intolérable pour le député de Kayes.

On ne pouvait pas dire que c’était l’alliance dont il a toujours rêvé ! En mai, à l’occasion de ses premiers pas à l’Assemblée nationale du Mali, en tant que président du groupe parlementaire « Benso », Aliou Boubacar Diallo avait annoncé l’adhésion de son parti ADP-Maliba à la majorité présidentielle. Il avait expliqué vouloir accélérer la mise en œuvre des recommandations du Dialogue national inclusif (DNI), afin de ramener la paix et le développement économique dans son pays. Il s’agissait donc d’un sacrifice pour l’intérêt supérieur du Mali. Dans ce cadre, ADP-Maliba a avalé quelques couleuvres pour maintenir une cohabitation pacifique, au point de se compromettre aux yeux des Maliens et de fouler au pied ses valeurs.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ?

Comme une goutte d’eau qui a fait déborder le vase, la répression sanglante des manifestations des 10 et 11 juillet 2020 a poussé le parti de la Balance à prendre ses distances avec le palais de Koulouba. Les violences contre l’opposition du M-5 ont fait onze morts et une centaine de blessés. ADP-Maliba estime que « Ces agissements contrastent avec les valeurs de paix, de mesure et de retenue qui prévalent au Mali » et en son sein.

« À cet égard, conformément aux résolutions de la réunion extraordinaire de son comité exécutif tenue le 13 juillet 2020, après consultation des coordinateurs régionaux du parti aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays et en accord avec les grands soutiens du parti de Nioro du Sahel à Taoudenit, l’ADP-Maliba, en toute responsabilité, décide de se retirer de la majorité présidentielle à compter de ce jour (13 juillet) 2020 », a déclaré Youba Bah, président du parti Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba) sur le réseau social.

« La voix du parti n’a pas été entendue »

Aussi, le parti regrette-t-il que le gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga n’ait pas considéré ses propositions de sortie de crise. Parmi elles, la reprise partielle des élections législatives et la démission de la présidente de la Cour constitutionnelle. Celle-ci a invalidé à la fin du mois d’avril une trentaine de résultats au profit du parti du président IBK. « La voix du parti n’a pas été entendue dans une ambiance délétère entre majorités, EMP, CFR et CPM », a déploré Youba Ba. Selon lui, on aurait pu éviter le drame du 10 et 11 juillet si ces propositions, validées par la CEDEAO, étaient appliquées.  ADP-Maliba condamne toutefois les saccages et les destructions de biens publics. Par ailleurs, il « exige l’ouverture d’une enquête indépendante menée par les acteurs des deux tendances, des représentants de la société civile, de la police et des experts de la communauté internationale pour situer toutes les responsabilités suite à ces tueries par balles réelles ».

Après l’échec du rapprochement avec le pouvoir, ADP-Maliba travaille maintenant à de nouvelles pistes de réflexions tout en réitérant ses propositions de sortie de crise. Par ailleurs, conformément à sa ligne politique, le parti d’Aliou Diallo promet de toujours « s’ériger en sentinelle de la liberté et de la démocratie de manière indépendante pour servir le Mali et réconcilier ses enfants ».

Goodluck Jonathan épouse la vision d’Aliou Diallo

Notons que le député de Kayes a reçu jeudi 16 juillet l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan pour parler de la situation au Mali. Il lui a exposé ses solutions de sortie de crise. « J’ai senti que le Président Jonathan Goodluck a une réelle volonté de faire avancer les choses ainsi qu’un sens très élevé de sa mission. Je tiens à le remercier pour son soutien aux efforts de stabilisation du Mali », a indiqué le chef de file montant de l’opposition, à la sortie de la rencontre.

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