Alors que le continent africain n’a pratiquement pas encore pris le train de la transition écologique, l’homme d’affaires malien Aliou Diallo estime que « l’Afrique va être la clé de la révolution énergétique ». Cette conviction repose en grande partie sur le projet de sa société Hydroma, spécialisée dans l’exploitation de l’hydrogène naturel.

Depuis quelques années, le monde a entamé sa transition écologique pour mettre fin au réchauffement climatique et inscrire l’Humanité dans un développement durable. Au cœur de cette transition écologique, se trouve la transition énergétique. Celle-ci mise sur l’éolien et le solaire, mais de plus en plus sur l’hydrogène.

Dans ce secteur, l’Europe a pris les devants, multipliant les initiatives et les plans hydrogène. L’Allemagne par exemple a annoncé en juin dernier un investissement colossal de 9 milliards d’euros dans cette filière. Elle souhaite devenir le Numéro 1 mondial de l’hydrogène. De son côté, la France a annoncé en septembre un plan de 2 milliards d’euros (auxquels s’ajouteront 7 milliards d’ici 2022) dans le cadre de sa relance économique. Les Etats Unis et la Chine, les deux plus gros pollueurs au monde, ont également pris des engagements similaires.

L’hydrogène naturel, candidat idéal de la transition énergétique

De son côté, l’Afrique tarde à prendre véritablement le train en marche. Mais une société malienne change la donne et place le continent au cœur de la transition écologique mondiale. Il s’agit d’Hydroma, fondée dans les années 2000 par l’homme d’affaires Aliou Diallo.

Depuis 2012, cette société transforme l’hydrogène naturel en électricité propre près du village de Bourakébougou, dans le cercle de Kati (Mali). Cet hydrogène naturel est totalement vertueux contrairement à l’hydrogène vert, gris, bleu et turquoise. En effet, cette ressource est abondante, renouvelable et sans émission de CO2. Ce qui fait d’elle la candidate parfaite de la transition énergétique.

Tandis que l’Europe traîne encore des pieds à ce niveau, Hydroma a récemment lancé sa production à grande échelle de l’électricité décarbonée à partir de l’hydrogène vert. Objectif : approvisionner en énergie verte les pays d’Afrique de l’Ouest et au-delà.

Parallèlement, la compagnie s’invite dans l’hydrogène vert, qu’elle compte exporter grâce à un pipeline partant du Mali jusqu’aux portes de l’Europe. Grâce à sa révolution énergétique, Aliou Diallo croit fermement que « l’Afrique va être la clé de la révolution énergétique et aura un rôle à jouer dans la transition énergétique ».

Hydroma bientôt à la conquête du monde

« Le craton ouest-africain contient de grands gisements d’hydrogène naturel. Or, à la différence du gaz naturel et du pétrole, l’hydrogène naturel est une source de flux. Nous avons prouvé qu’on peut utiliser cette ressource pour produire de l’électricité et nous avons évalué la vitesse de remplissage de ce gaz. Si tout le monde se mettait ensemble pour essayer de sécuriser les sites de production, je suis persuadé qu’on pourra rentrer dans un cercle vertueux d’un vrai développement durable », a assuré le dirigeant dans une interview à Africable Télévision.

Selon Aliou Diallo, l’excédent de production d’Hydroma pourrait même aller à l’export. « Si nous parvenons à exploiter l’hydrogène naturel pour produire de l’électricité et des produits dérivés comme l’engrais (en le transformant en ammoniac), à l’utiliser dans la mobilité légère et lourde, nous ne consommerons que 5% à 10% de notre production. Donc le reste que faut-il faire avec ? Si on veut avoir des sources de devises, il faut aller vers l’exportation. Il faut alors trouver la meilleure voie d’exportation, celle qui s’adapte le mieux à l’hydrogène vert et à l’hydrogène naturel », a-t-il ajouté.

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