Un téléspectateur devant son ipad affichant Netflix.

 

Ces derniers mois, le piratage a explosé dans le monde du cinéma à cause des sorties simultanées de films en salles et en streaming. Une réalité attestée par une étude parue dans le Wall Street Journal le mardi 24 août. Cette situation a d’ailleurs été évoquée par les exploitants et les studios américains lors du CinemaCon, organisé du 23 au 26 août à Las Vegas (Etats Unis).

Un phénomène pas nouveau, mais qui prend de l’ampleur

Comme chaque année en été, les exploitants et studios américains se réunissent à Las Vegas pour teaser quelques films à venir et faire le point sur l’industrie du cinéma. Baptisé CinemaCon, ce rendez-vous a eu lieu du 23 au 26 août pour son édition 2021. Ce fut l’occasion de se projeter dans le futur proche avec des bandes-annonces de longs-métrages attendus comme Matrix 4, The Batman et Mourir peut attendre. Les acteurs du cinéma hollywoodien ont aussi abordé la reprise post-Covid et quelques préoccupations du secteur. Parmi les principales inquiétudes figure la hausse du piratage.

Charles Rivkin, le directeur de la Motion Pictures Association (MPA) – organisation défendant les intérêts des gros studios hollywoodiens – rappelle que le phénomène du piratage ne date pas de nos jours. Mais qu’il a pris de l’ampleur ces derniers mois à cause des bouleversements liés au Covid-19. Les salles ont été fermées notamment, poussant les studios à se rabattre sur le streaming ou à privilégier une sortie simultanée. Une étude parue dans le Wall Street Journal le mardi 24 août a confirmé les conséquences néfastes de cette stratégie.

Plus besoin d’attendre des mois

D’après cette enquête, le piratage a explosé dans le monde du cinéma à cause des sorties simultanées de films en salles et sur les plateformes de streaming. Parmi lesquelles Netflix, Disney+ et Amazon Prime. Avec ces acteurs, les spectateurs et internautes n’ont plus à attendre des mois avant de déguster certains blockbusters. Ceux-ci sont immédiatement disponibles en qualité DVD/BluRay sur les sites de téléchargement illégaux. Ce, quelques heures seulement après leur sortie dans les salles obscures.

Une perte de recettes d’au moins 20% pour un long métrage

Parmi les principales victimes des pirates, on retrouve Godzilla vs Kong, The Suicide Squad, Jungle Cruise ou Black Widow. Ce dernier film était le plus piraté au monde pendant trois semaines consécutives après sa sortie le 9 juillet, si l’on en croit TorrentFreak, un site qui chiffre les activités de piratage. On lpouvait facilement en avoir une copie sur des plateformes comme The Pirate Bay ou LimeTorrents. Evidemment, cette situation a un impact négatif au box-office. Les pertes pouvant s’élever jusqu’à 19% pour un long métrage, d’après Motion Pictures Association of America. Black Widow, par exemple, a vu ses recettes chuter de 67,8%. Le blockbuster Marvel a débarqué sur la plateforme Disney+ le jour même de sa sortie officielle au cinéma aux Etats Unis.

« Malgré les affirmations que cette stratégie de sortie improvisée de l’ère pandémique est un succès pour Disney et pour le modèle de sortie simultanée, cela démontre qu’une sortie exclusivement en salle signifie plus de revenus pour toutes les parties concernées pour chaque cycle de la vie d’un film. », a souligné la National Association of Theatre Owners (Association national des propriétaires de salles – NATO). « La sortie simultanée est un artéfact de l’ère pandémique qui devrait être laissé dans le passé avec la pandémie », a ajouté la NATO.

Trouver un compromis

Face aux dégâts financiers de cette approche, les producteurs hollywoodiens tentent de passer des accords pouvant garantir une durée d’exclusivité cinématographique avant la mise en ligne sur les plateformes de streaming. Une façon d’assurer leur gain et de ne pas mécontenter les cinéphiles, dont les habitudes de consommation ont changé avec la pandémie. Il s’agit tout au moins d’une solution provisoire en attendant le retour à la normale. Pour l’heure, les sites illégaux de téléchargements se frottent les mains. D’après l’Alliance for Creativity and Entertainment, ils ont attiré plus de 137 milliards de visites en 2020 !

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