Le réseau social appartenant à Microsoft rompt les amarres avec Pékin, après sept ans de présence dans le pays. En cause, un contexte local de plus en plus difficile pour les acteurs de la tech, surtout les étrangers.

Sept ans de « collaboration » et puis s’en va. LinkedIn qui s’est longtemps accommodé des contrôles exercés par les autorités chinoises sur sa plateforme, en a désormais ras-le-bol. Le réseau social propriété de Microsoft a annoncé jeudi 14 octobre via un communiqué plein de dépit, son départ de l’Empire du Milieu.

L’entreprise indique notamment dans le texte publié sur son blog, avoir échoué à faire prospérer en Chine à travers sa plateforme, l’esprit d’échange et de libre-expression caractéristique d’un réseau social. Un point de non-retour qui reflète le prix payé par LinkedIn pour avoir demeuré jusqu’ici l’un des rares géants du web accessible sur place.

Bien que présent en Chine depuis 2014, LinkedIn n’y a jamais été maître de son destin, notamment au sujet de la liberté d’expression, concept exécré par la nation communiste. Sa liberté, le réseau social l’a sacrifiée sous l’autel du respect des lois en vigueur sur le territoire chinois en acceptant de censurer des comptes inscrits sur sa plateforme au gré de la volonté des officiels.

Ces épisodes se sont multipliés ces dernières années, avec des cas récents concernant des journalistes américains basés en Chine. Ces derniers avaient notamment vu leurs comptes bloqués du jour au lendemain sans raison valable le mois passé. LinkedIn interpellé se contentant de répondre seulement qu’il s’agissait d’une action en conformité avec la législation chinoise.

Version épurée

Cette situation avait fini d’agacer des élus américains. Le Républicain du Congrès Jim Banks avait même exigé de la filiale de Microsoft à travers un courrier publié sur son Twitter fin septembre, une demande d’explication.

LinkedIn semble donc avoir décidé de desserrer l’étau chinois autour de sa plateforme. Mais contrairement à ses homologues californiens Twitter et Facebook principalement, le réseau social professionnel par excellence ne renonce pas définitivement au marché chinois où il compte tout de même le plus d’utilisateurs après les États-Unis et l’Inde avec 50 millions d’inscrits au moins, selon le Wall Street Journal (WSJ).

Le groupe va mettre en place d’ici la fin de l’année une nouvelle plateforme nommée InJobs, conçue pour s’adapter aux contraintes de l’État chinois. Elle devrait de fait être dépourvue de toute fonction favorisant les interactions entre membres pour se consacrer uniquement à connecter les uns et les autres aux opportunités professionnelles.

Un réseau social vraiment ?

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