Chargement du jeu Fortnite sur un ordinateur.

 

Après trois ans passés à édulcorer le contenu de sa battle royale, Epic Games abandonne la commercialisation de sa version Fortnite en Chine. Pékin, qui durcit sa censure contre le monde du divertissement, n’a toujours pas l’intention de lui attribuer une autorisation.

Pas de scènes violentes ou gores

Comme il l’avait annoncé début novembre, Epic Games a retiré cette semaine son jeu vidéo Fortnite du marché chinois. Le plus important au monde avec 46 milliards de dollars en 2021, devant l’Amérique du Nord et ses 43 milliards de dollars. L’éditeur américain dit avoir mis fin à son projet faute d’approbation des autorités locales pour une commercialisation prochaine. Pékin n’a jamais clarifié son refus, mais on suppose qu’il suit sa politique de censure contre l’industrie du divertissement. Le secteur du jeu, en particulier, est accusé de promouvoir la violence et l’esprit gore, qui auraient des conséquences désastreuses sur les joueurs.

Pour en finir avec ce penchant, la Chine interdit désormais les scènes montrant du sang et des cadavres. Ce blâme nuit fortement à un éditeur comme Fortnite. qui développe des Battle Royale. Ce genre de jeux vidéo dresse un univers post-apocalyptique basé sur la mécanique du last man standing, c’est-à-dire du dernier homme survivant. Le studio américain avait  proposé une version locale édulcorée pour pénétrer le marché chinois. Baptisé Fortress Night, ce jeu comportait quelques modifications comme la possibilité de désigner plusieurs vainqueurs dans une partie. Epic Games a dû également travailler avec le géant chinois de la technologie Tencent comme le veut la réglementation nationale. Ce partenariat a rassuré Pékin et l’a poussé à examiner un lancement d’essai cette année. Finalement il n’a jamais accordé son feu vert.

Un partenariat imposé avec des groupes chinois

Certains observateurs de l’industrie pensent que le gouvernement chinois veut continuer de  cadenasser le secteur du numérique et du jeu. Il veut en expurger les scènes violentes et obscènes, les personnages efféminés et les sujets sensibles politiquement. Il souhaite surtout protéger les jeunes et les enfants, pour qui le jeu serait un « opium mental ». Afin de réprimer ce côté addictif, les autorités ont imposé en août une limite drastique de trois heures de jeu par semaine aux mineurs. Et cela uniquement du vendredi au dimanche entre 20h et 21h, alors que les jeunes chinois pouvaient passer des journées sur leur écran. L’Etat les encourage désormais à passer plus de temps à l’extérieur.

Par ailleurs, il a durcit le processus d’octroi de licence aux éditeurs de jeu vidéo. Ainsi, les régulateurs n’ont pas autorisé une nouvelle version de jeu depuis plus de 100 jours. En 2020, ils ont délivré des licences pour 1 400 nouveaux jeux (dont moins d’une centaine importés d’autres pays), contre plus de 9 000 licences accordées en 2017.  En 2018, elles ont carrément gelé les approbations après que le président Xi s’est dit préoccupé par l’impact des jeux vidéo sur la vue des enfants.

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