Un document obtenu de source interne par le New York Times (NYT), permet d’en savoir plus sur le succès de l’une des applications de partage vidéo la plus célèbre au monde. Une réussite fondée sur des capacités algorithmiques fascinantes, et pas seulement dans le bon sens.

C’est à peine si TikTok ne contrôle pas chaque action de ses utilisateurs. À lire les informations consacrées au fonctionnement de son algorithme, on comprend en tout cas, le fulgurant succès de ce réseau social devenu, en cinq années d’existence, l’un des plus suivis au monde, avec le seuil du milliard d’utilisateurs actifs franchi en septembre dernier.

L’application spécialisée dans le partage de courtes vidéos a en effet été disséquée par un document interne intitulé « TikTok Algo 101 » tombé dans les mains du NYT grâce à une source anonyme. Il en ressort de nombreuses manœuvres toutes convergentes vers le même objectif : maintenir chaque utilisateur en ligne le plus longtemps possible.

Une boucle

À en croire les infos du NYT par ailleurs confirmées par un responsable de la firme technologique, il suffit en principe de très peu de temps en général pour que l’algorithme dresse l’essentiel du profil d’untel utilisateur. À partir de quelques vidéos visionnées, la plateforme est en effet capable de déterminer entre autres votre orientation sexuelle, vos goûts musicaux ou politiques, et même votre humeur. C’est dire le côté pernicieux de la chose, puisque cela permet de vous enfermer dans une boucle, en vous gavant de plus en plus de contenus affinés. Un système décrit comme étant moins utile qu’addictif par Guillaume Chaslot, d’Algo Transparency interrogé par le média américain.

Chaque vidéo mise en avant par TikTok obéit ainsi à certains facteurs, dont les commentaires suscités, la durée et le nombre de visionnages. De ces croisements découlent les contenus les plus suggérés par la plateforme. Et les utilisateurs accros sont susceptibles de s’enliser dans ce flot de contenus intégrant bien de sombres implications comme la dépression voire le suicide.

Relation problématique avec Pékin

Le fichier détaillant le fonctionnement de TikTok témoigne également du fort lien entre le réseau social sans siège social officiel avec la Chine, le pays qui abrite sa maison-mère ByteDance. Une relation à l’origine de l’hostilité des États-Unis, en l’occurrence l’administration Trump, à l’égard du géant de la tech, sur fond de soupçon d’inféodation à l’État communiste. Ce que TikTok a toujours nié.

Quoi qu’il en soit, le document du NYT démontre un calquage du fonctionnement de la plateforme sur Douyin, son pendant chinois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.