Une infirmière vaccinant un homme.

 

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi que le pass sanitaire se transformera en un pass vaccinal dès janvier 2022. Ce qui signifie que le simple test négatif ne suffira plus et qu’il faudra désormais présenter un schéma vaccinal complet (3 doses). Une nouvelle mesure qui vise à mettre davantage de pression sur les six millions de Français non vaccinés.

Lors de son allocution du vendredi 17 décembre, le premier ministre Jean Castex a annoncé que le pass sanitaire deviendra un pass vaccinal dès janvier 2022. Pour cela, un projet de loi est attendu pour examen en Conseil des ministres dès le 5 janvier. Puis fera l’objet de débat à l’Assemblée nationale à partir du lundi 10 janvier. Bien sûr sous réserve de modifications dans les jours à venir. Si cette loi passe à l’hémicycle, les plus de six millions de Français non vaccinés ne pourront plus présenter un simple test négatif pour accéder à certains lieux comme les bars, restaurants, transports et même hôpitaux. Désormais, ils devront justifier d’un schéma vaccinal complet (3 doses). Afin d’accompagner cette mesure, le délai pour accéder au rappel vaccinal sera ramené à quatre mois contre cinq actuellement.

Pas question de risquer la vie des autres

« Il n’est pas admissible que le refus de quelques millions de Français de se faire vacciner mette en risque la vie de tout un pays et entame le quotidien d’une immense majorité de Français qui a joué le jeu depuis le début de cette crise », a défendu Jean Castex. Le Premier ministre entamera, en début de semaine, des concertations préalables sur ce projet de loi ainsi que sur toutes les autres dispositions devant faciliter l’extension maximale de la vaccination. « Nous assumons le faire peser la contrainte sur les non-vaccinés, car les services de soins critiques et de réanimation de nos hôpitaux sont remplis, pour l’essentiel, de personnes non vaccinées », assure le chef du gouvernement.

Un vaste réseau de faux pass sanitaire en France

Pour Jean Castex, il s’agit aussi de durcir les conditions de contrôle et de sanctions contre les faux pass, dont au moins 110.000 circuleraient actuellement en France. Les réseaux de faussaires ont déjà engrangé plus de deux millions d’euros selon une enquête du parquet de Paris. Jeudi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture de 400 enquêtes pour démanteler toutes les cellules en France. Plus d’une centaine de personnes, usagers comme trafiquants, auraient été interpellés début décembre. Mais cette répression ne devrait pas dissuader les anti-vax pour qui la liberté de choix est une valeur suprême en France.

Une forme déguisée d’obligation vaccinale

On imagine déjà qu’ils prendront cette nouvelle décision comme une obligation vaccinale. Ce que semble assumer d’ailleurs le gouvernement. En effet, le ministre de la Santé, Olivier Véran a laissé entendre samedi que « le pass vaccinal est une forme déguisée d’obligation vaccinale, mais c’est plus efficace qu’une obligation vaccinale ». Éric Coquerel, député de la France Insoumise s’offusque d’un tel projet : « Je ne pense pas que c’est la bonne façon de faire. L’OMS recommande de convaincre plutôt que contraindre », a-t-il soutenu. L’élu de Seine-Saint-Denis prend aussi en exemple les pays du sud, très peu vaccinés, mais qui n’ont pas connu d’hécatombe.

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