All Gamers, Chine

Quand la Chine s’engage dans un domaine, rien ne l’arrête. L’équipe chinoise All Gamers a remporté dimanche le Mondial 2026 d’E-sport, dont la phase finale a eu lieu à Paris ces dernières semaines. Avec ce titre, le géant asiatique impose sa puissance dans le secteur vidéoludique devenu très lucratif. Après les robots et l’intelligence artificielle, notamment, il construit une nouvelle sphère d’influence aux côtés de l’Arabie Saoudite.

La Coupe du monde d’E-sport, qui se tient en Arabie Saoudite depuis sa création, a été délocalisée cette année en France en raison de la situation au Moyen-Orient. Elle a eu lieu du 6 juillet au 23 août à Paris Expo Porte de Versailles, avec une cérémonie d’ouverture à La Seine Musicale). Cette troisième édition s’est achevée par le triomphe de All Gamers. L’équipe chinoise a remporté le Club Championship, la récompense la plus prestigieuse de l’Esports World Cup, devant les Saoudiens Team Falcons, double tenant du titre. Elle a empoché 7 millions de dollars pour ce trophée, reçu des mains du président français Emmanuel Macron, en présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

All Gamers s’est imposé en Trackmania lors du dernier week-end

All Gamers a gagné ce titre grâce à ses 5 300 points obtenus sur un parcours régulier. La formation chinoise s’est surtout imposée en Trackmania lors du dernier week-end, une épreuve décisive pour le classement final. Elle avait déjà terminé première en Tekken 8, deuxième aux échecs, en Free Fire et sur le Honor of Kings World Cup. Plus de 2 000 joueurs et 200 clubs se sont affrontés sur 24 jeux pendant deux semaines, pour une cagnotte record de 75 millions de dollars. Outre la victoire de All Gamers, il y a eu celle de la Team Spirit en Counter-Strike 2 et de Dplus KIA en League of Legends et Rocket League, face au surprenant français Karmine Corp qui a renversé T1 (Corée du Sud) en demi-finale.

All Gamers confirme la montée en puissance de la Chine dans l’industrie du jeu vidéo

Pour All Gamers, ce sacre mondial représente un gain sportif important, mais aussi une ressource commerciale. En effet, un titre mondial renforce la valeur d’une équipe auprès des partenaires, des plateformes et des éditeurs. Grace à ce résultat, le club chinois peut peser dans les négociations de sponsoring, dans la vente de produits dérivés, mais également attirer de nouveaux joueurs talentueux. La victoire de All Gamers confirme aussi la montée en puissance de la Chine dans l’industrie du jeu vidéo. L’essor de l’empire du milieu dans ce secteur repose sur plusieurs années d’investissements massifs de l’Etat et des conglomérats nationaux. On sait que le géant asiatique ne fait jamais les choses à moitié.

La Corée du Sud et le Japon ne font plus le poids

Dans le domaine du jeu vidéo, l’E-sport chinois est porté principalement par Tencent. Actionnaire majoritaire de Riot Games (League of Legends, Valorant) depuis 2011, le groupe technologique (propriétaire de WeChat) en est devenu l’unique propriétaire en 2015. Il revendique aujourd’hui une audience de plusieurs dizaines de millions de spectateurs dans le pays. Tencent a même construit des arènes dédiées, au moins 5 équipes possédant leur propre arène. De quoi faire pâlir les rivaux du Japon, des Etats-Unis et de la Corée du Sud, qui fut jusqu’à récemment la reine de l’E-sport.

La Chine, nouveau mastodonte du gaming

Puissance économique et technologique, la Chine dame désormais le pion aux voisins asiatiques autrefois en avance. Son marché de l’E-sport a explosé en seulement quelques années. Le pays compte aujourd’hui plus de 600 millions de joueurs actifs sur ses 1,4 milliard d’habitants. Côté recettes, il devrait enregistrer plus de 44 milliards en 2026 contre seulement 5,4 milliards en 2016. Face à de tels chiffres, la Corée du Sud n’est plus de taille, encore moins l’Arabie Saoudite qui veut faire de l’E-sport une vitrine aux côtés du tourisme et du sport notamment.

La Chine professionnalise son univers du jeux vidéo

Pour mieux structurer sa filière des jeux vidéo, Pékin a adopté des mesures phares ces dernières années. Les autorités chinoises ont notamment intégré les rôles de joueur professionnel et d’opérateur E-sport à la liste officielle des métiers reconnus par l’Etat. Ce secteur a également intégré les cursus universitaires pour préparer les étudiants à cet univers qui s’anoblit avec le temps. Cet encadrement ne peut que renforcer le poids de la Chine dans les compétitions de jeux ainsi que son influence globale, déjà très forte dans les technologies, les robots ou encore les réseaux sociaux.

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